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Vendredi 28 novembre 2008

Je me retrouve petit à petit.... je vais coucher ici sur mon journal mes maux, il a été ouvert pour ça, ça fait un moment que je voulais en parler mais j'ai vraiment du mal à m'exprimer encore sur le sujet, j'en ai parlé qu'à une seule personne et je la remercie d'être là quand j'en ai besoin, de "m'écouter" sans me juger ni m'assommer de questions...

 

  

 

Je vais vous parler de ma maman, mes rapports ont toujours été très compliqués avec elle, je pense même qu'à certains moments on se détestait... les médecins ont despité sa maladie quand j'étais toute petite, elle m'a toujours raconté qu'elle m'a mise au monde dans une telle souffrance et que sans moi elle n'aurait certainement pas développer la maladie aussi vite.

 

 

Ma maman était atteinte d'une SEP (sclérose en plaques), c'est une maladie qui progresse par poussée et donc tout changement porte atteinte à son état, je me rappelle pas d'elle sans canne pour marcher, je me rappelle pas qu'elle m'est emmené à l'école, qu'elle m'est porter dans ses bras... mais malgré tout ça j'ai eut une enfance heureuse, mon père faisait tout pour nous et pour elle, je me chamaillais avec ma grande-soeur comme dans toutes les familles sauf que nous faisions jamais rien à quatre... par la suite il y a eut une deuxième canne puis un déambulateur puis elle a finit dans un fauteuil roulant, ma soeur s'occupait beaucoup d'elle vu qu'on a plus de quatre ans d'écart et qu'elle avait un amour fusionnel avec elle, mon père faisait tout, son travail, il s'est occupée d'elle tant d'années, je vous épargnerais bien des détails mais le gouvernement a encore beaucoup de travail à faire pour la prise en charge des personnes handicapées...

 

 

Plus les années sont passées plus j'ai appris à ne compter que sur moi, j'ai toujours assez bien travailler à l'école, je m'occupais de la maison une fois que ma soeur fut partie vivre sa vie et faire ses études prédestinées d'infirmière.

 

 

Nous avons poursuivis nos vies chacunes, laissant non sans remords mes parents seuls dans notre maison, il y a trois ans, mon père ne pouvant plus supporter le caractère de ma mère et sa lourde responsabilité depuis de longues années, à rencontrer quelqu'un et nous avons dû organiser une nouvelle vie pour ma mère qui était effondrée par le départ de mon père.

 

 

Ma soeur lui a trouvé un appartement pas très loin de chez elle comme elle est devenue infirmière libérale, elle a pu lui organiser une hospitalisation à domicile. Dès son arrivée dans cet appartement, je l'ai vu décliné de jour en jour, je n'ai pas été assez là pour elle, j'ai fuis pour ne pas ressentir cette souffrance en moi, je regrette tellement ce temps gâché...

 

 

Le 30 mai 2007, le téléphone sonne à 9h30 ma soeur qui me dit que notre maman a beaucoup de fièvre et doit avoir les poumons encombrés par une fausse route pour la troisième de l'année, ma soeur travaille ce jour là, donc c'est moi qui se rend à l'hôpital, on a l'habitude,  je ne panique pas jusqu'à ce que je la vois sortir de l'ambulance, elle est dans un état que je ne saurai décrire, je le sais, je le sens que cette putain de journée va être dure... ils lui font quelques soins, je reste avec elle pour l'essuyer tellement elle transpire, elle a repris à moitié conscience, elle me fait un demi sourire, je lui parle sans arrêter parce que j'ai peur de m'écrouler  si je m'arrête, la fièvre finie par baisser, elle me sert la main, me dit quelques mots à travers son masque à oxygène mais je ne les comprends pas....

 

 

Deux heures plus tard, ils l'emmènent faire un scanner et ma soeur arrive enfin, elle a travaillé dans ces urgences pendant quelques années auparavant, elle parle au médecin, regarde les résultats, tout semble correct vu son état, ma maman revient mais elle ne parle plus, n'a plus les yeux ouverts et ne me sert plus la main....

 

 

Ma soeur et moi sommes appelés par un médecin de réanimation qu'elle connait bien, je me serai cru dans un film quand il nous a demandé si on voulait l'acharnement thérapeutique et la mettre sous respirateur sachant que ça serait encore plus difficile de prendre la décision de la débranchée.... nous avons décidé de ne pas le faire....

 

A 14h, elle est amenée en réanimation mais juste pour qu'il y est une équipe médicale plus près d'elle et pour que nous soyons tranquille... mon papa nous rejoind.... je lui ai tenue la main pendant sept-heure et demie, j'ai vu et entendu chacunes de ces pulsations, son souffle de moins en moins présent, j'ai cet saloperie de bip long dans la tête depuis cette seconde où elle a cessé de respirer.....

 

 

Voilà j'ai vu la vie autrement de puis ce jour là, je n'assume pas le choix qu'on a fait même si je sais que c'était le mieux pour elle....

 

 

 

Ca fait un an et demi que je ne vais pas bien, que les bras qui auraient dû me soutenir à ce moment là n'étaient pas au rendez-vous...

 

 

J'ai décidé aujourd'hui d'en parler parce que j'en ressens le besoin, je sais que ça va m'aider à avancer, à arrêter mes errances, arrêter de passer dans des bras qui ne le méritent pas.... donc  à aller mieux.

 

 

Emy.


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Vendredi 14 décembre 2007

Mardi, je suis allée avec ma soeur choisir la pierre tombale pour notre maman, après le difficile choix du cercueil, de la "garniture" comme ils appellent ça, nous sommes retourner aux pompes funèbres pour que sa tombe ressemble à autre chose qu'une dalle de ciment.

C'est toujours brutal lors du décès de devoir choisir un joli cercueil, prendre une couleur pour l'habillage qui aurait plu à ma maman, en fait j'ai pensé comme si elle le voyait et on a fait en fonction des goûts qu'elle avait.

C'est bizarre comme on veut que tout soit "parfait", ceux qui ont eu ce genre de choix à faire me comprennent je pense et savent que ce n'est franchement pas évident.
  
Donc mardi, ma soeur et moi avons fait pour le mieux je pense, le plus dur reste à faire, la voir poser avec la gravure dessus....

Depuis, je n'arrête pas de demander si je ne vais pas prendre les dispositions relatives à mon décès dès maintenant pour éviter que mes enfants aient à le faire.

Emy.


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Vendredi 30 novembre 2007

Ma chanson préférée de Barbara... "Dis quand reviendras-tu"







Voilà combien de jours, voilà combien de nuits,
Voilà combien de temps que tu es reparti,
Tu m'as dit cette fois, c'est le dernier voyage,
Pour nos cœurs déchirés, c'est le dernier naufrage,
Au printemps, tu verras, je serai de retour,
Le printemps, c'est joli pour se parler d'amour,
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris,
Et déambulerons dans les rues de Paris,

Dis, quand reviendras-tu,
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus,

Le printemps s'est enfui depuis longtemps déjà,
Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois,
A voir Paris si beau dans cette fin d'automne,
Soudain je m'alanguis, je rêve, je frissonne,
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine,
Je vais, je viens, je vire, je me tourne, je me traîne,
Ton image me hante, je te parle tout bas,
Et j'ai le mal d'amour, et j'ai le mal de toi,

Dis, quand reviendras-tu,
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus,

J'ai beau t'aimer encore, j'ai beau t'aimer toujours,
J'ai beau n'aimer que toi, j'ai beau t'aimer d'amour,
Si tu ne comprends pas qu'il te faut revenir,
Je ferai de nous deux mes plus beaux souvenirs,
Je reprendrai la route, le monde m'émerveille,
J'irai me réchauffer à un autre soleil,
Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin,
Je n'ai pas la vertu des femmes de marins,

Dis, quand reviendras-tu,
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus...



Ca fait six mois que tu es partie Maman, tu serais là peut-être que tu m'expliquerais comment il a fait pour tatouer son âme à la mienne...


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Jeudi 1 novembre 2007

Tous mes amis sont partis
Mon cœur a déménagé
Mes vacances c'est toujours Paris
Mes projets c'est continuer
Mes amours c'est inventer

Si, maman, si
Si, maman, si
Maman, si tu voyais ma vie
Je pleure comme je ris
Si, maman, si
Mais mon avenir reste gris
Et mon cœur aussi

Et le temps défile comme un train
Et moi je suis à la fenêtre
Je suis si peu habile que demain
Le bonheur passera peut-être
Sans que je sache le reconnaître

Si, maman, si
Si, maman, si
Maman, si tu voyais ma vie
Je pleure comme je ris
Si, maman, si
Mais mon avenir reste gris
Et mon cœur aussi

Mon cœur est confortable, bien au chaud
Et je laisse passer le vent
Mes envies s'éteignent, je leur tourne le dos
Et je m'endors doucement
Sans chaos ni sentiment

Si, maman, si
Si, maman, si
Maman, si tu voyais ma vie
Je pleure comme je ris
Si, maman, si
Mais mon avenir reste gris
Et mon cœur aussi

Si, maman, si
Si, maman, si
Maman, si tu voyais ma vie
Je pleure comme je ris
Si, maman, si
Mais mon avenir reste gris
Et mon cœur aussi



Cinq mois déjà que tu es partie, j'espère que tu nous vois de là haut et que tes jours sont plus beaux...


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Vendredi 1 juin 2007

...

Je continuerai de vous lire même si je n'écris plus ou supprime mon blog...

Ma maman est décédée...

Merci Julie et Lou...

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Jour après jour...

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